Éthique animale & véganisme

Quelles sont mes raisons d’opter pour un régime végétalien ?

Voici la version exhaustive de ma réponse à la sempiternelle question qui m’est adressée lorsque je suis attablée avec de nouvelles personnes :

« Au fait, pourquoi tu es végétalienne ? »

Et à laquelle je n’ai jamais, dans les faits, l’opportunité de répondre comme je l’aimerais (parce que j’aime manger chaud et … dans la sérénité). Je propose donc d’y répondre une bonne fois pour toutes via cet article, en plusieurs volets et à l’appui de publications tantôt scientifiques tantôt philosophiques.

Pour ce qui est de la partie scientifique, j’ai souhaité rendre accessible dans cet article l’état actuel des connaissances en matière de végétalisme, non pas en me concentrant sur des sources secondaires mais en allant chercher l’information à la source, c’est-à-dire en me basant autant que possible sur des articles scientifiques publiés dans des revues à comité de lecture.

1. Une question d’éthique…

Beaucoup d’argumentaires ont tendance à prioriser ce qui ne sont à mon sens que des dommages collatéraux de la consommation de produits animaux tels que ses conséquences environnementales ou ses effets sur notre santé. Je souhaite ici donner à mon argumentaire une place centrale à l’éthique animale sensu stricto et donc aux animaux en eux-mêmes, qui sont finalement les premières victimes de cette consommation. N’en déplaise aux anthropocentristes, je ne me pencherai sur les préjudices qu’engendrent les choix de consommation de l’Homme pour l’Homme que dans un second temps.

Il est intéressant d’essayer de comprendre pourquoi nous considérons certaines espèces animales comme des sujets (animaux de compagnie que nous logeons, nourrissons, cajolons) et d’autres comme des objets (animaux que nous consommons) et, par exemple, pourquoi la chasse aux bébés phoques (souvent considérés comme « mignons» dans notre imaginaire affectif) nous émeut tandis que la chasse aux sangliers (souvent considérés comme «neutres » dans notre imaginaire affectif) nous laisse en général indifférent.e.s. Cette distinction, qualifiée par le déontologue Gary Francione de schizophrénie morale, peut-elle suffire à justifier de telles différences de traitement entre les espèces ? [1, 2, 3].

Dans son best-seller Se nourrir sans faire souffrir paru en 1991, John Robbins parle d’engourdissement émotionnel pour justifier cette dichotomie sujets-objets. Le/La consommateur/trice qui achète sa viande par morceaux détaillés est déconnecté.e des véritables implications de sa consommation, « ses yeux sont ouverts mais il/elle ne voit pas » [1]La fragmentation et le renvoi des responsabilités entrent souvent en jeu : les abatteurs/teuses ne se sentent pas responsables de l’abattage puisque les consommateurs /trices leur demandent de la viande, et les consommateurs/trices ne s’en sentent pas non plus responsables puisque cette viande a été produite pour eux/elles et qu’ils/elles considèrent depuis l’enfance qu’il est normal d’en consommer [4].

La production industrielle de produits animaux est très opaque, et pour cause : ce à quoi l’on assiste dans les hangars industriels et les abattoirs n’est généralement pas très agréable à regarder. Les animaux y sont confinés à de très hautes densités de stockage, limitant leur espace vital à l’extrême, marqués au fer, mutilés (écornage, épointage du bec, castration, engraissement, taillage des oreilles et de la queue) sans analgésique ni anesthésie [5, 6, 7]. La technique d’abattage la moins coûteuse et donc la plus prisée est l’égorgement à la chaîne parfois suivie de l’ébouillantage en cuves pour le retrait des phanères épidermiques (poils/plumes/ongles). D’autres techniques d’abattage comme l’électrocution ou l’utilisation de pistolets d’abattage sont également utilisées. Les vaches laitières et les truies sont maintenues gestantes tout au long de leur vie par insémination artificielle et des cas de cannibalisme sont régulièrement rapportés dans les élevages industriels de porcs [6]. Une réalité de plus en plus médiatisée également est l’utilisation routinière d’antibiotiques pour favoriser la prise de poids et la production de lait du bétail dans les fermes intensives [7, 8].

Nombreux/ses sont ceux/celles qui pensent de bonne foi que la production de viande constitue le centre névralgique du problème et que la production industrielle de lait et d’œufs n’est pas le lieu d’enjeux majeurs pour le bien-être animal. 

La réalité de la production est pourtant interloquante ici encore : les vaches laitières de l’élevage industriel restent enchaînées la majeure partie de leur existence et sont à bout de forces après 5-6 ans d’inséminations et de gestations continues alors que l’espérance de vie naturelle d’une vache est de l’ordre de 20 ans. Ces vaches devenues moins productives sont alors abattues pour leur viande. L’industrie du lait est certainement en ce sens encore plus cruelle que celle de la viande : tant les vaches élevées pour leur viande que celles élevées pour le lait finissent tuées pour leur viande, à la différence près que les vaches de l’industrie laitière sont préalablement exploitées sexuellement, physiquement et émotionnellement. En effet, les veaux sont arrachés à leurs mères quelques jours après leur naissance ; si tel n’était pas le cas, ils en consommeraient le lait… pas rentable pour l’industrie laitière ! S’il s’agit d’une femelle, le même sort que sa mère lui sera réservé. S’il s’agit d’un mâle, il sera emmené pour alimenter un marché parallèle, celui de la viande de veau [6, 9]. Les veaux peuvent ainsi être considérés comme étant des sous-produits de l’industrie laitière

En ce qui concerne la production d’œufs, les poules pondeuses de l’élevage industriel sont entassées à même le sol ou dans des cages, parfois superposées (œufs de poules élevées « en batterie » ), et les poussins sont triés à la naissance en fonction de leur sexe : les femelles deviendront des poules pondeuses tandis que les mâles finiront déchiquetés ou asphyxiés au gaz dans des conteneurs [6].

Nombreux/ses sont également ceux/celles qui se demandent si les végétarien.ne.s consomment du poisson, parce que « le poisson quand même, c’est pas la même chose ». Certes, il faut faire un effort d’abstraction plus grand pour se mettre dans la peau d’un poisson muet, au sang froid, qui évolue dans un environnement qui nous est hostile que pour se mettre dans celle d’un mammifère mais leur capacité à ressentir la douleur a aujourd’hui été clairement établie [3, 10]. Si le fondement de notre réflexion est le bien-être animal, il n’y a donc aucune raison d’avoir moins de considération morale pour la souffrance d’un poisson que pour celle d’un cochon.

Nous nous réconfortons inconsciemment en pensant que les animaux que nous consommons sont morts sans souffrance mais en réalité, qu’en savons-nous et surtout, que voulons-nous vraiment en savoir ?

De plus en plus d’études témoignent aujourd’hui du fait que les animaux sont conscients de l’environnement dans le quel ils évoluent, qu’ils ressentent la douleur et d’autres émotions complexes [11]. Est-il dès lors moral de les considérer comme des produits de consommation et de cautionner les traitements qui leur sont infligés ?

Malgré ceci, certain.e.s philosophes contemporain.e.s s’inspirent encore aujourd’hui de la théorie de l’animal-machine de Descartes et avancent que la souffrance des animaux ne serait qu’une supposition humaine, qu’ils ne souffriraient pas réellement, ou plutôt qu’ils n’endureraient pas la souffrance de la même manière que l’Homme, faisant de ce dernier la mesure de toute chose [3].

Enfin, aussi délicates soient-elles, les analogies entre l’élevage animal et l’esclavage sont nombreuses (lire notamment l’excellent livre de J-B Vilmer [3]) et me sont précieuses lorsqu’il s’agit d’expliquer pourquoi je continuerais à bannir les produits animaux quand bien même leur production deviendrait « plus éthique, moins industrielle ». Les mouvements antiesclavagistes ne souhaitaient pas rendre l’esclavage plus éthique en nourrissant mieux les esclaves ou en augmentant la longueur de leurs chaînes ; non, ils souhaitaient bien heureusement l’abolir intégralement. Dans le champ de l’éthique animale, deux courants de pensées se défient encore souvent : les « abolitionnistes » s’opposent à l’exploitation animale en tant que telle tandis que les « welfaristes » s’opposent à la manière dont l’Homme exploite les animaux à l’heure actuelle [3, 5]. Dans tous les cas, la consommation de produits animaux induit une exploitation d’êtres sensibles et nécessite leur abattage. Parler d’« élevage/abattage éthiques » relève donc pour moi de l’oxymore, un peu comme l’on parlerait de « meurtre passionnel » ou de « viol délicat » : je suis abolitionniste.

2. L‘élevage animal et l’environnement…

La planète connait une croissance démographique sans précédent depuis le 20ème siècle. De 1 milliard d’habitants au début du 19ème siècle, la population humaine est passée à près de 7 milliards d’habitants en 2011 [12]. Les estimations prédisent que cette évolution démographique devrait se stabiliser au cours de ce siècle autour de 10 à 12 milliards d’habitants, représentant un accroissement de plus de 10 milliards de personnes en l’espace de deux siècles [13] !

Cette démographie florissante contraste avec l’amenuisement des ressources naturelles qui découle de l’empreinte de plus en plus lourde que l’Homme fait peser sur son environnement. Et cette expansion démographique a effectivement de quoi faire froid dans le dos en ce sens qu’un tel accroissement de la population rime de facto avec  un accroissement du nombre de bouches à nourrir.

Les produits d’origine animale sont de plus en plus demandés et près de 56 milliards d’animaux terrestres sont élevés chaque année de part le monde pour la production de viande et de produits laitiers [7, 14]. Des estimations prévoient le doublement de la production de viande annuelle à l’échelle mondiale d’ici à 2050, passant ainsi de 229 millions de tonnes en l’an 2000 à non moins de 465 millions de tonnes en 2050.

Sur ce même intervalle de temps, la production de lait devrait elle aussi doubler, passant de 580 millions de tonnes à quelques 1043 millions de tonnes en 2050 [15, 16]. Comme ces chiffres vertigineux en témoignent, l’industrie de la viande et des produits laitiers connait une croissance plus rapide que n’importe quel autre secteur alimentaire et il se fait de plus en plus clair qu’une telle augmentation de la demande ne sera pas durable pour la planète [7].

Mais la croissance démographique n’est pas la seule à mettre en cause pour expliquer cette explosion. La demande individuelle pour les produits animaux ne cesse d’augmenter dans les pays industrialisés et, de plus en plus, dans les pays en voie de développement, avec une véritable tendance à ce que certains nomment aujourd’hui l’« hypercanisme » [17].

Selon la FAO (Food and Agriculture Organisation), l’européen.ne moyen.ne consomme actuellement 65 kg de viande par an, ce qui équivaut au cours d’une vie à la consommation d’environ 1000 animaux dont 4 bovins, 4 agneaux, 46 porcs et près de 945 poulets [14, 17].

Et pourtant, lorsque la thématique du réchauffement climatique est abordée, les combustibles fossiles arrivent très souvent en tête de liste des causes incriminées pour la destruction de la couche d’ozone, bien devant l’élevage animal. S’il semble aujourd’hui évident que le pétrole, le charbon et le gaz naturel sont d’importantes sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique, la responsabilité de l’élevage est elle grandement sous-estimée dans l’imaginaire collectif [18].

Prenons des chiffres parlants pour en témoigner : la production d’un kilogramme de viande de bœuf émettrait une quantité de dioxyde de carbone (CO2) équivalente à celle émise par un véhicule tous les 250 kilomètres et consommerait l’énergie nécessaire à alimenter une ampoule de 100 watts pendant environ 20 jours ! Le secteur de l’agriculture animale générerait ainsi à lui seul près de 18% des émissions de GES à l’échelle globale, soit davantage que toute l’industrie des transports [14].

S’agissant d’un sujet hautement controversé aux enjeux économiques notables, le consensus autour des estimations n’est toutefois pas absolu parmi les scientifiques. Outre l’aspect de controverse, ces estimations ne sont d’ailleurs pas aisées à réaliser et les résultats dépendent de ce qui est effectivement pris en compte dans les calculs. En effet, des émissions de GES directes et indirectes peuvent survenir tout au long de la chaîne de production, de la production de fourrage (émissions de CO2 liées à la déforestation, à l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques) à la maintenance des hangars et au transport des animaux en passant par l’émission de GES par les animaux eux-mêmes (respiration, fermentation gastro-entérique des ruminants et émanations de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O) du lisier) [7, 16, 19]. Certaines estimations comme celles de l’Institut WorldWatch vont jusqu’à prendre en considération les émissions de GES qui seront causées à long terme pour la production de médicaments permettant de traiter différents troubles liés à la consommation de produits animaux [18].

Malgré ces différences de nombres, la plupart des publications et des révisions traitant du sujet s’accordent autour du résultat de 18% proposé par la FAO en 2006. En considérant les différents gaz indépendamment, l’élevage de bétail contribuerait à hauteur de 9% aux émissions anthropiques globales de CO2, de 37% aux émissions de CH4 et de près de 65% aux émissions de N2O [15, 16]. Le potentiel de réchauffement global (PRG) de ces 3 gaz n’est bien entendu pas équivalent : sur une durée de 100 ans, le CH4et le N2O ont des PRG respectifs 23 fois et 296 fois plus élevés que celui du CO2 [9].

Mais les coûts environnementaux liés à l’agriculture animale ne se limitent pas à ses conséquences en terme de réchauffement climatique. La production intensive de viande nuit également à la biodiversité (notamment en raison de la destruction effrénée des habitats naturels), pollue les sols et l’eau et est paradoxalement source d’insécurité alimentaire (en raison du réchauffement climatique mais également des quantités importantes d’eau mises en jeu) [3, 7, 16].

Aujourd’hui, plus de 30% de la surface des terres émergées et plus de 70% de la surface des terres agricoles sont impliquées dans la production directe ou indirecte de produits animaux, souvent aux dépends des écosystèmes tropicaux [7, 16].

L’utilisation directe des terres pour l’agriculture animale correspond aux surfaces pâturées et aux hangars industriels tandis que leur utilisation indirecte correspond essentiellement aux surfaces utilisées pour la production de fourrage pour le bétail, majoritairement des cultures de soja et de maïs.

Des calories végétales sont en effet nécessaires pour nourrir les animaux d’élevage et la FAO avance que la production d’une calorie animale requiert jusqu’à 30 calories végétales. L’USDA (United States Department of Agriculture) estime ainsi que 80% du soja et 50% du maïs produits à l’échelle mondiale le sont pour nourrir le bétail [7].Il faut en moyenne 10 g de protéines végétales pour obtenir 1 g de protéines animales, ce qui résulte en la perte d’une partie substantielle d’énergie lors de la conversion du produit végétal en produit animal [20].

En ce sens, la consommation directe des végétaux par l’Homme sans passage par un « filtre animal » s’avère être une option écologiquement plus efficace [9, 15]. Toutes superficies de production prises en compte, la production d’un kilogramme de viande de poulet nécessite entre 8,1 et 9,9 m², d’un kilogramme de viande de porc entre 8,9 et 12 m² et d’un kilogramme de viande de bœuf entre 27 et 49 m². Les productions de lait et d’œufs sont elles moins demandeuses en terres et nécessitent respectivement de 1,1 à 2 m² et de 4,5 à 6,2 m² par kilogramme [9].

Même si cela peut être difficile à croire pour certain.e.s, j’en conviens, un « argument » déculpabilisant encore fréquemment retourné aux végéta*ien.ne.s est le fameux « cri de la carotte » selon lequel les végétaux ressentiraient également la douleur. Les chiffres ci-dessus remballent donc cet argument inepte (provoquant d’intenses douleurs d’estomac s’il vous est retourné en plein repas) puisque le régime carné consomme indirectement bien plus de végétaux que le régime végéta*ien !

Les quantités d’« eau virtuelle » mises en jeu pour la production intensive de produits animaux sont également édifiantes. Les chiffres parlent une nouvelle fois d’eux-mêmes : la production d’un kilogramme de végétaux requiert entre 500 et 4000 litres d’eau tandis que la production d’un kilogramme de viande industrielle requiert une quantité d’eau de 2,5 à 20 fois plus importante (∼ 10000 litres).  La production de viande de bœuf est à nouveau celle sollicitant le plus de ressources, nécessitant entre 13000 et 16000 litres d’eau par kilogramme [7, 21].

Tout comme dans le cas des émissions de GES, les chiffres oscillent en fonction des auteurs et cela s’explique à nouveau par le nombre de paramètres pris en considération dans les estimations. L’eau totale consommée au cours de la chaîne de production du bœuf inclut l’eau consommée directement par le bétail au cours de son existence (entre 60 et 120 litres/vache/jour), l’eau utilisée pour l’irrigation des cultures fourragères ainsi que l’eau nécessaire à l’entretien [22].

Une nouvelle fois, notre conscience écologique aurait tendance à nous chuchoter plus naturellement de limiter notre temps passé sous la douche plutôt que notre consommation de produits carnés alors que le calcul est rapide : la consommation d’un hamburger de 100 grammes consomme une quantité d’eau équivalente à 20 douches de 80 litres !

En outre, l’élevage industriel est l’une des sources majeures de pollution des eaux (à travers les déjections animales, l’utilisation d’engrais azotés et les déchets de production comme les os et les boyaux), contribuant de manière significative à l’eutrophisation des milieux naturels, à l’émergence de « zones mortes » saturées en azote dans les régions côtières, à la dégradation des récifs coralliens mais également à des problèmes sanitaires [7].

Tous les éléments évoqués dans ce volet relèvent de l’éthique environnementale mais il est implicite que les élevages industriels et leurs conséquences relèvent également de l’éthique à l’égard des populations lorsque l’on considère leur rôle clé dans les pénuries d’eau, de nourriture, dans la faillite des paysan.ne.s traditionnel.le.s et dans divers problèmes de santé [3]. Plus d’un milliard de personnes n’ont toujours pas un accès suffisant à l’eau potable dans le monde et dans le même temps, les habitant.e.s des pays industrialisés ne cessent d’augmenter leur consommation de produits carnés très demandeurs en eau. Dans son rapport de 2006, la FAO estimait ainsi qu’en 2023, environ 33% de la population mondiale connaîtrait une pénurie d’eau et que le réchauffement climatique pourrait causer d’importantes famines de part le monde d’ici à 2050 [7].

3. Contre-arguments classiques

Les deux volets argumentatifs détaillés ci-dessus ont un potentiel culpabilisant assez élevé pour un.e consommateur/trice lambda en équilibre avec ses émotions. Les « alibis » classiques qui sont en général retournés à ce stade de la conversation sont divers mais essentiellement d’ordre :

  • diététique :

« Les produits animaux sont une nécessité nutritionnelle, l’Homme doit bien en consommer pour satisfaire ses apports en protéines »

  • historique :

« L’Homme a de tous temps chassé pour se nourrir »

  • usuel :

« La viande fait partie intégrante de notre gastronomie et de notre culture »

  • gustatif :

« Je ne pourrais jamais me passer du steak, j’en consomme depuis toujours et j’en adore le goût »

  •  écologique :

« L’Homme doit chasser pour réguler les populations d’animaux ; que deviendraient ces animaux sans l’Homme ? »

  • économique :

« Ces activités créent des emplois et donc de la richesse »

Tentons de décortiquer quelques-uns de ces raisonnements pour démêler le vrai du faux.

Les habitant.e.s des pays industrialisés considèrent de plus en plus la viande comme étant un aliment de base et se comportent dès lors comme si l’utilisation d’animaux relevait d’une nécessité absolue pour leur survie [3, 14, 18].  Certes, les produits animaux ont une valeur nutritive incontestable mais un régime végétal équilibré est tout aussi capable de nous fournir tous les nutriments dont nous avons besoin pour être en parfaite santé [9, 23, 24]. Vitale, la viande l’est donc peut-être pour les boucher.e.s mais certainement pas pour les autres…

L’Association américaine de diététique, la plus importante association d’expert.e.s nutritionnistes au monde, confirme que les régimes végétariens et végétaliens équilibrés sont nutritionnellement complets et résultent en nombre d’effets bénéfiques pour la santé en prévenant divers troubles tels que les maladies cardio-vasculaires, le diabète de type 2, le surpoids et certains cancers [18, 23]. Les végéta*ien.ne.s semblent également montrer des taux plus bas de lipoprotéines de basse densité (LDL ou « mauvais cholestérol ») et des taux plus faibles d’hypertension. Tout ceci semble lié à l’apport réduit en graisses saturées et à l’apport accru en fruits, légumes et fibres [23, 25].

Aucun aliment végétal n’est à même de fournir tous les acides aminés essentiels à lui seul mais une combinaison adéquate d’aliments comme par exemple l’association complémentaire entre céréales (déficientes en lysine mais riches en méthionine)  et légumineuses (déficientes en méthionine mais riches en lysine) pratiquée traditionnellement en Inde (association lentilles/soja – riz) et en Amérique du Sud (association haricots – maïs) depuis des siècles permet d’obtenir tous les acides aminés dont nous avons besoin.

Dans le cas d’un régime végétarien, la question de l’apport protéique est par ailleurs fortuite étant donné que les œufs constituent à eux seuls un apport complet en protéines animales [23, 25].

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) rattaché à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a récemment tiré la sonnette d’alarme en déclarant qu’une alimentation trop riche en viandes rouges et en viandes transformées augmentait le risque de développer certains cancers et autres pathologies [24].

La consommation de produits laitiers est quant à elle généralement considérée par les défenseurs/seuses de la cause animale comme une «aberration biologique», argumentant que l’Homme est la seule espèce à consommer du lait après sevrage et, de surcroît, celui d’une autre espèce (naturellement destiné à ses propres petits, bien entendu…).

L’OMS soulève d’ailleurs un « paradoxe du calcium » où les pays qui consommeraient le plus de lait seraient également ceux à posséder une plus mauvaise santé osseuse. Le lait n’est pas du tout la source de calcium que la puissante industrie laitière nous vend. Celle-ci s’est habillement frayé un chemin dans les programmes scolaires et nutritionnels ainsi que dans les médias pour nous convaincre que le lait était une nécessité. Mais soyez-en sûr.e.s, si ceci est si fortement ancré dans notre esprit, ce n’est certainement pas parce que quelques expert.e.s s’inquiètent de notre santé, c’est plutôt parce que l’industrie du lait brasse des sommes d’argent colossales pour que ce message erroné nous parvienne. Par ailleurs, le calcium se trouve bien entendu en abondance dans le règne végétal (choux, haricots, brocolis, amandes, oranges, figues, etc. etc.) [20]. 

L’argument de la nécessité nutritionnelle est quelque peu ébranlé par tout ceci. Penchons nous de plus près sur l’alibi historique.

Nous nous imaginons souvent que l’Homme préhistorique était un carnivore se nourrissant goulûment de chair fraîche mais bien des indices suggèrent aujourd’hui que cette vision de nos ancêtres n’est qu’une image d’Épinal : étude de la composition chimique des dents et des os, des traces laissées sur les dents fossilisées et des types de dents [26]. On sait maintenant que leur régime alimentaire variait substantiellement en fonction du contexte climatique sous lequel ils vivaient, et donc en fonction de la disponibilité en aliments végétaux et animaux (il n’y avait par exemple pas beaucoup de végétaux à consommer lors des glaciations…) [27].

S’il est aujourd’hui établi que l’Homme est omnivore (en témoigne notre dentition), les proportions des différents types d’aliments consommés ne sont pas restées homogènes au fil du temps. L’Homme moderne a transité en un laps de temps relativement court  d’un statut de chasseur-cueilleur nomade à un statut de cultivateur-éleveur et enfin,  à un statut d’industriel depuis le 19ème siècle. Les produits industriels nous arrivent enrichis en graisses, en sel, en sucres, en produits chimiques et appauvris en vitamines et fibres végétales. Il est ainsi estimé que nos ancêtres du Paléolithique avaient un régime alimentaire de 3 à 10 fois plus riche en vitamines que l’Homme moderne et que leur consommation d’acides gras était proche de celle recommandée actuellement par les expert.e.s à l’heure où notre alimentation moderne est trop riche en acides gras saturés et trop pauvre en acides gras poly-insaturés [26, 28]. Il est en effet estimé que les animaux d’élevage que l’Homme consomme aujourd’hui sont de 5 à 10 fois plus gras que le gibier que consommaient les Hommes préhistoriques, quand ils en avaient l’opportunité [26].

Par ailleurs, nos ancêtres faisaient probablement tout un tas de choses que nous ne tolérerions plus dans nos sociétés prétendument civilisées  🙂 Et puis ils n’avaient pas la possibilité de se délecter d’un parmentier de soja ou de nuggets de seitan, pas vrai ? L’Homme moderne a ceci de particulier qu’il a le choix de son régime alimentaire.

En ce qui concerne les arguments usuel et gustatif, l’elfe des Questions Composent m’a parée d’un argument expéditif imparable dont je ne me lasse pas :

« Nous parlons ici de vie et de mort, pas de goûts et de couleurs »

Quant à l’argument écologique de régulation des populations d’animaux et de leur devenir sans l’intervention de l’Homme, il s’agit là d’un raisonnement faussé dans la mesure où le bétail est une invention de l’Homme (le porc a par exemple été dérivé du sanglier) ou dans d’autres termes, que l’Homme élève ces animaux spécialement pour les consommer [18].

« Mais on priverait à des milliards d’animaux de vivre » pourrait-on me rétorquer. La question se pose alors de savoir si toutes les existences valent la peine d’être vécues et J-B Vilmer donne l’exemple de celle d’un canard gavé, immobilisé et brutalisé dans un élevage industriel de foie gras pour illustrer le questionnement [3].

Il s’agit d’un sophisme que de penser qu’il vaut mieux vivre une existence misérable plutôt que de ne pas vivre du tout puisque, comme l’avait déjà énoncé le philosophe latin Lucrèce, « quel mal serait-ce pour un Homme de n’être pas crée? » [3].

Une réplique fréquente est celle se déchargeant uniquement sur les techniques industrielles en prônant un retour à un élevage et à un abattage « traditionnels » d’animaux ayant mené une « existence heureuse », ce qui, philosophiquement, pose une nouvelle question : le fait qu’un animal ait vécu « heureux » justifie t-il que l’on puisse le tuer ? Dans cette logique, certain.e.s défenseurs/seuses de la cause animale défendent qu’un animal souffrant a, au contraire, davantage de « raisons » d’être abattu qu’un animal « heureux ».

Pour terminer, l’argument économique ne tient pas la route non plus : il est pour moi tout aussi absurde que d’affirmer, par exemple, que l’on ne veut pas s’opposer aux réseaux de prostitution de peur de voir s’effondrer l’industrie du sexe et les métiers qui vont avec. Les employé.e.s du secteur de l’élevage se convertiront à d’autres métiers : la nourriture végétalienne devra être produite en plus grandes quantités !  Je pense donc qu’il est vraiment sans objet de se faire du mauvais sang pour les pertes d’emploi : les progrès sociaux induisent toujours la création de nouvelles professions.

    4. Alternatives

Les alternatives à la consommation de produits animaux fleurissent avec la commercialisation d’analogues aux produits carnés et lactés (par exemple : seitan, tofu, quorn, soja texturé, beurre végétal à base de purée d’oléagineux, fromage végétal à base de noix de cajou, lait de soja/avoine/riz/épeautre/amande etc.) mais également via la popularisation de recettes végétaliennes parfaitement équilibrées et délicieuses qui enrayent progressivement l’a priori selon lequel la cuisine végétalienne est une cuisine fade et restrictive. Une fois passée la phase d’adaptation, l’alimentation des végétalien.ne.s est même généralement plus variée, savoureuse et originale qu’auparavant.

Il m’arrive parfois de rencontrer des omnivores qui commencent leur argumentaire par me dire que « Oui mais déjà, les végétaliens, il y a les vrais et les faux ». J’aimerais leur dire d’arrêter de voir la conduite alimentaire des végétalien.ne.s comme une religion. On ne décide pas de ne pas consommer de produits animaux parce qu’on est végétalien.ne ; on est végétalien.ne parce qu’on décide de ne pas consommer de produits animaux. L’important est de faire de son mieux et il est assez irritant d’entendre un.e omnivore accuser un.e végétarien.ne qui entreprend à son rythme et selon ses moyens de réduire son impact sur les animaux de n’être qu’un.e « faux/sse végétarien.ne » parce qu’il/elle croque dans un kroepoek. La démarche ne relève pas d’un défi de pureté personnelle !

« – Et ça tu peux manger ?

– Oui mais je ne veux pas »

Depuis quelques mois, un nouvel argument a le vent en poupe : devenir végéta*ien.ne serait un effet de mode. Et quand bien même ? Si c’est le cas, et bien laissez moi vous dire que je suis fière d’être tendance !

    5. Conclusion

Bien entendu, l’industrie de la viande fonctionne comme toutes les industries sur le principe de l’offre et de la demande. Ainsi, un consommateur/trice choisissant de réduire sa demande pour les produits animaux contribue à son échelle à faire baisser leur production.

Les changements individuels sont cruciaux tandis que les changements par le haut ne constituent que des solutions partielles puisque les législations ne sont pas les mêmes partout et qu’une régulation renforcée dans un pays conduirait à des délocalisations industrielles dans d’autres pays aux législations plus souples, majoritairement des pays en voie de développement [7]. C’est donc à vous de jouer !

J’espère que cette lecture vous fera questionner vos propres comportements alimentaires avant de vous amener à questionner les végéta*ien.ne.s qui croiseront votre table à l’avenir !

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Rien de neuf sous le soleil (ou presque) : le véganisme en 1976

Références :

[1] Robbins J. (1991). Se nourrir sans faire souffrir: la planète, le tiers monde, les animaux et nous. [Saint-Laurent, Québec]: Édition du Club Québec loisirs.

[2] Létourneau, L. (2005). De l’animal-objet à l’animal-sujet?: regard sur le droit de la protection des animaux en Occident. Lex electronica, 10(2), 1-12.

[3] Vilmer, Jean-Baptiste Jeangène. (2008). Éthique animale. » Paris 6 : 11.

[4] Chapouthier, G. (1992). Les droits de l’animal, Collection « Que sais-je ? », Presses Universitaires de France, Paris, 125 pages.

[5] Chauvet, D. (2004). Abolitionnisme, welfarisme et mentaphobie. Productions Animales, 17(4), 255-264.

[6] Daub, J. L. (2009). Ces bêtes qu’on abat: journal d’un enquêteur dans les abattoirs français, 1993-2008. Editions L’Harmattan.

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33 commentaires sur “Quelles sont mes raisons d’opter pour un régime végétalien ?

  1. Désolé je laisse trop de commentaires. Je regroupe:
    Sophisme de l’appel à la nature « « aberration biologique », argumentant que l’homme est la seule espèce à consommer du lait après sevrage et, de surcroît, celui d’une autre espèce (normalement destiné à ses propres petits, of course…). » suivi d’une erreur entre corrélation et conséquence (paradoxe du calcium). Par contre l’ANSES reconnait enfin qu’il n’y a pas de correlation positive entre consommation de laitages et fractures http://www.dur-a-avaler.com/anses-accepte-absence-role-protecteur-produits-laitiers-calcium-osteoporose-fractures/
    coquille: « Oui mais déjà, les végétaiens, il y a les vrais et les faux »

    Encore une fois bravo. Je pense que le dernier rapport de l’ANSES aurait sa place dans l’argumentaire: d’après lui les français mangent 2,56 fois trop de viande (hors volaille et lapin) et 2 fois trop peu de fibres. De plus, la viande (hors volaille et lapin) a un seuil maximal à ne pas dépasser (70g/jour) mais pas de recommandation minimale.
    http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/01/24/moins-de-viande-et-de-charcuteries-moins-de-sucre-les-recommandations-de-l-agence-sanitaire_5068115_1651302.html

    Je te propose de reprendre une suite logique à ce texte sur ton blog. C’est de moi mais considère ça comme un texte tout à fait open source, modifie à loisir: https://docs.google.com/document/d/1mK5fZ5R2nZtx53GGXjPKflNmu7YO7Gl4Lg7v3-aywKo/edit

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  2. Et là il serait plus honnête de dire que ça comprend l’eau de pluie:
    « l’eau utilisée pour l’irrigation des cultures fourragères ainsi que l’eau nécessaire à l’entretien [22]. »

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  3. Seconde erreur:
    Aucun aliment végétal n’est à même de fournir tous les acides aminés essentiels à lui seul mais une combinaison adéquate d’aliments comme par exemple l’association complémentaire entre céréales (déficientes en lysine mais riches en méthionine) et légumineuses (déficientes en méthionine mais riches en lysine) pratiquée traditionnellement en Inde (association lentilles/soja – riz) et en Amérique du Sud (association haricots – maïs) depuis des siècles permet d’obtenir tous les acides aminés dont nous avons besoin.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Combinaison_de_prot%C3%A9ines

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  4. Très bon texte. Je signale une erreur:
    « Et pourtant, lorsque la thématique du réchauffement climatique est abordée, les combustibles fossiles arrivent très souvent en tête de liste des causes incriminées pour la destruction de la couche d’ozone, bien devant l’élevage animal. »

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    1. La rigueur académique et l’exhaustivité….. mes péchés mignons ! Cette phrase est peut-être ironique. Ou peut-être pas (?). Bonne lecture ultérieure Romain 🙂

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  5. Mmh ce qui m’aurait intéressée c’est vraiment la réponse à l’argument économique (l’emploi pour toutes les personnes du secteur de l’élevage). C’est à peu près le seul point dans les débats où je n’ai rien à répondre (si ce n’est qu’esclavagistes violeurs et meurtriers ne méritent pas mon attention, mais bizarrement ça passe pas auprès des carnistes).

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      1. Pour terminer, l’argument économique ne tient pas la route non plus : il est pour moi tout aussi absurde que d’affirmer, par exemple, que l’on ne veut pas s’opposer aux réseaux de prostitution de peur de voir s’effondrer l’industrie du sexe et les métiers qui vont avec. Les employé.e.s du secteur de l’élevage se convertiront à d’autres métiers : la nourriture végétalienne devra être produite en plus grandes quantités ! Je pense donc qu’il est vraiment sans objet de se faire du mauvais sang pour les pertes d’emploi : les progrès sociaux induisent toujours la création de nouvelles professions.

        En espérant vous avoir parée d’un nouvel argument 🙂

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      2. Je tente toujours de garder à l’esprit par ailleurs que les travailleurs/euses du secteur sont victimes de ce système également. Il est contre-productif dans un débat de les taxer d' »esclavagistes, violeurs et meurtriers ». Cela rend les gens hostiles au véganisme. Ils/elles n’ont simplement pas (encore) été conscientisé.e.s. Ce ne sont pas pour autant de mauvaises personnes qui ne méritent pas de respect. On réalise d’ailleurs que les conditions de vie des employé.e.s d’abattoir sont réellement désastreuses quand on s’y intéresse, et qu’ils/elles sont complètement déconnecté.e.s de leurs gestes.

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    1. Je n’aborde en effet ici que l’aspect alimentation du véganisme, je me pencherai sur les aspects divertissement, recherche, cosmétiques et habillement dans d’autres articles. Celui-ci est déjà assez long au goût de beaucoup, ce qui me vaut d’ailleurs d’autres remarques 😀

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  6. C’est un beau travail. Est ce que je peux le partager avec des non vg? Je trouve que votre texte réunit tous les arguments que soulève la non consommation de produits animaux. Y compris la valeur d’une vie misérable. Bravo.

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    1. Merci beaucoup Anne-Marie ! Bien entendu, mes articles ont vocation à soulager la charge qui peut parfois nous peser d’avoir à nous répéter régulièrement aux mêmes sujets !

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